Musée du quai Branly

Pour son cinquième anniversaire, le quai Branly affiche un bilan plus que positif avec plus de sept millions de visiteurs depuis son ouverture. Désormais bien ancré dans le paysage muséal parisien, il a fait taire toutes les critiques formulées à son encontre lors de son inauguration, en grande pompe, le 20 juin 2006, par Jacques Chirac et Kofi Annan. En 2010, il accède à la première place du classement des musées, réalisé par le Journal des Arts, détrônant le Centre Pompidou.

Né de la volonté de l'ancien président de la République, qui souhaitait«donner leur juste place à des arts et des civilisations trop longtemps ignorés ou méconnus, de rendre toute leur dignité à des peuples trop souvent rejetés, abaissés, parfois anéantis par l’arrogance, l’ignorance, la bêtise et l’aveuglement.» Le site, consacré aux arts d'Afrique, d'Asie, des Amériques et d'Océanie, soufflera ses cinq bougies - les 25 et 26 juin.

Pour l'occasion, le musée organisera un week-end anniversaire très festif. Le plateau des collections, les expositions temporaires Maya, Dogon et la Fabrique des images seront en accès libre et gratuit pour tous. Sans oublier que seront proposées de nombreuses activités. Au menu: contes, ateliers, concert de jazz et films. Le public pourra notamment rencontrer le paysagiste Gilles Clément, concepteur du jardin ainsi que le musicien Tiken Jah Fakoly.

Sur pilotis

L'établissement d'une superficie de 250.000 m2, abrite quatre bâtiments composites. Amaré au pied de la Tour Eiffel, il est construit sur pilotis, dans les tons rouge et brun de Jean Nouvel, qui avaient fait tiquer certains voisins, sont désormais bien acceptés. Et sur la longue savane tracée par le jardinier Gilles Clément, se greffe le mur végétal du botaniste Patrick Blanc.

A l’époque, plusieurs recours contre le projet architectural retenu en 1999 avaient été déposés par des associations de riverains au motif qu’il tranchait trop avec l’environnement haussmannien. Ils avaient été rejetés rapidement. «A présent, dans les annonces immobilières, avoir un appartement "face au musée du quai Branly" est devenu un argument de vente», s’amuse Stéphane Martin, qui pilote l’aventure du musée depuis le début.

Le musée du quai Branly a pris corps à la faveur d’un regroupement de collections: 250.000 objets venus du musée de l’Homme et 25.000 objets du musée national des arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte Dorée.

Au menu des prochaines réjouissances, les Mayas du Guatemala - Maya de l'aube au crépuscule - investiront le musée dès le 21 juin, puis les Maori de Nouvelle-Zélande leur succèderont - E Tu Ake – Trésors maori. On découvrira également un rassemblement d’armures de guerriers lors d’une expo intitulée Samouraïappartenant à la collection Barbier-Mueller, qui débutera le 8 novembre. En septembre, Jean Nouvel va ajouter dans le jardin un petit abri en forme de conque
pour que les enfants puissent y pique-niquer.
 

 


 

 

Le musée du quai Branly ou musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques (civilisations non occidentales) est situé quai Branly dans leVIIe arrondissement de Paris, à la place qui fut occupée par le ministère du Commerce extérieur. Projet ambitieux porté par Jacques Chirac(passionné d'"arts premiers") et réalisé par Jean Nouvel, il fut inauguré le 20 juin 2006.

Historique

Jacques Kerchache, marchand d'art et spécialiste en art africain, essaie dès le début des années 1990 de faire entrer les « arts premiers » (terme qu'il a inventé) au musée du Louvre. En1990, il signe dans le journal Libération un article sur ce sujet ; cette même année, il rencontre Jacques Chirac, alors maire de Paris. Ce dernier, qu'on dit passionné par les "arts premiers", est élu président de la République en 1995. Dès son arrivée à la tête de l'État, il demande l'ouverture d'un département des arts premiers au musée du Louvre. Un an plus tard, il annonce le projet de création d'un nouveau musée, qui rencontre rapidement une opposition, notamment avec une grève des collaborateurs du musée de l'Homme en 1999qui s'opposent au démantèlement des collections du musée de l'Homme et critiquent la primauté du choix esthétique au détriment des considérations scientifiques.

Un concours d'architecture est lancé en 1999, désignant Jean Nouvel comme architecte.

Ce musée est inauguré le 20 juin 2006 par Jacques Chirac, en présence notamment de Kofi Annan, Rigoberta Menchú, Paul Okalik, Dominique de Villepin, Lionel Jospin et Jean-Pierre Raffarin. Le musée du quai Branly a le statut d'établissement public administratif. Il est placé sous la triple tutelle du ministère de la Culture et de la Communication, du ministère de l'Éducation nationale et du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le musée est ouvert au public depuis le 23 juin 2006.

 

 

De temps à autre, un point sur la fréquentation du musée permet de voir l'évolution du nombre de visiteurs. Après un mois d'ouverture où il y a eu 151 000 visiteurs, la moyenne se situe autour de 125 000 visiteurs par mois.

Collections

Le musée réunit les anciennes collections d'ethnologie du musée de l'Homme (abrité par le Palais de Chaillot) et celles du musée national des arts d’Afrique et d'Océanie (installé à la Porte Dorée). Environ 300 000 objets ont ainsi été transférés du musée de l'Homme ; 3500 sont exposés sur le plateau des collections permanentes. Vaste espace sans cloisons, les œuvres sont réparties en grandes « zones » continentales : l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et les Amériques. Les objets sont accessibles au plus grand nombre grâce à une contextualisation soutenue par différents niveaux d’information : cartels, médiateurs culturels, textes et multimédias incluant photographies, films et musiques.

En complément du plateau des collections permanentes, dix expositions temporaires par an, réparties entre les galeries suspendues du plateau des collections et la Galeriejardin, espace des grandes expositions internationales, permettent de présenter des thématiques de fond tout en donnant à voir la richesse des collections.

Bâtiment

L'ensemble occupe une surface de 40 600 m² répartie sur quatre bâtiments capotés, et expose 3 500 objets, sélectionnés dans une collection qui en regroupe 300 000. L'immeuble de cinq étages couvert par un mur végétal de 800 m²a été conçu par l'architecte Jean Nouvel en partie en référence à la tour Eiffel proche comme un pont de 3 200 tonnes (500 000 boulons) sur lequel trente et une cellules multimédias ou plus techniques sont arrimées au-dessus d'un jardin de 18 000 m²conçu par l'architecte-paysagiste Gilles Clément. Ce jardin, composé de sentiers, petites collines, chemins dallés de pierres de torrent, bassins propices à la méditation et à la rêverie, sera planté de 178 arbres. Le musée a coûté près de 233 millions d'euros.

Les quatre bâtiments sont :

- le musée lui-même, dont la galerie principale, longue de 200 mètres, comporte plusieurs salles latérales qui sont représentées extérieurement par les boîtes colorées. Le musée comprend également un auditorium, des salles de cours, une salle de lecture, un espace d'exposition temporaire, un restaurant ;
- le bâtiment Université comprenant une librairie, des bureaux et des ateliers ;
- le bâtiment Branly (au niveau du mur végétal de près de 800 m², conçu par Patrick Blanc) qui comprend l'administration du site sur cinq niveaux ;
- l'auvent, qui comprend la médiathèque et les réserves.

Un parcours sinusoïdal en faible montée de plusieurs mètres conduit de la petite entrée du site jusqu'aux collections plongées dans la pénombre.

Revue

Le musée publie depuis 2005la revue d'anthropologieet de muséologieGradhiva. Cette revue, fondée par Michel Leiris et Jean Jamin en 1986, est consacrée à la recherche contemporaine en ethnologie, à l'histoire de l'anthropologie, aux archives de grands ethnologues et aux esthétiquesnon-occidentales. De part sa destination, Gradhiva s'intéresse régulièrement aux collections du Musée du quai Branly.

Controverses  

La création du musée, le plus grand projet de ce genre dans le monde, fut sujette à quelques controverses avant son ouverture :

L'ensemble des critiques se rapportant à la genèse, à la création et au coût de ce musée font l'objet d'un ouvrage de l'ethnologue Bernard Dupaigne, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, paru en 2006 sous le titre « Le scandale des arts premiers. La véritable histoire du musée du quai Branly ».

Tandis que depuis 1992, le musée national de Nouvelle-Zélande Te Papa Tongarewa demande le retour de tous les restes de dépouilles māories dispersées de par le monde, Stéphane Martin, directeur du musée du Quai Branly à Paris, s’est opposé, comme la Ministre de la cultureChristine Albanel, à la restitution de ceux conservés en France. Le Musée détient en effet quatre têtes māories dans sa collection, et selon le directeur, « les crânes sont conservés à l’abri dans une pièce très spéciale et ne seront pas exposés au public». La polémique s'appuie sur le statut de ces têtes, restes humains pour les uns, soumis à la loi sur la bioéthique et devant alors être rendus, œuvres d'art des collections des Musées de France, inaliénables selon l'article 11 de la loi du 4 janvier 2002 relative aux Musées de France.

Un autre sujet de controverse est le coût pharaonique de ce musée, tant au niveau du dépassement important du budget de construction qu'en ce qui concerne les coûts d'exploitation, comme le montre l'audit de la Cour des comptes. De plus, le bâtiment en lui-même a posé de nombreux problèmes (circulation, éclairage, finitions, etc.). A cet effet, plusieurs campagne d'aménagements et de travaux ont été entamés en 2008.

Bibliographie

 

 

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